Ce qui va être le plus difficile ici, pour moi ce sera la nourriture, sans aucun doute. Il y a des pâtes, pizza, hamburgers et frites tous les repas. Je suis ici depuis deux jours, je peux déjà plus voir cette bouffe ! Les légumes à côté sont immangeables, même leurs haricots, je comprend pas ce qu‘ ils peuvent mettre dedans, des légumes c’est pas foncièrement mauvais. Et le reste c’est de la viande cuisinée dans un énorme tas de graisse !! J’ai réussi à dégoter le coin salade, ou il y a des choses mangeables et encore je fais des efforts !
Un américain sur trois a des problèmes de surpoids, je le vois ici à l’université, et personne n’est squelettique ! En même temps quand on voit la cafétaria, on comprend pourquoi ! Et puis les américains ne peuvent pas aller chez wall mart sans s’acheter des trucs à bouffer alors qu’ils ont
3 repas par jours ! Et ils achètent pas le mini paquet de smarties…
Sur mon palier, où il n’y a que des filles, il y a ce qu’on appelle une RA, c’est une étudiante qui sert de référence sur le palier, fait respecter les règles de sécurité, sort la nuit pour nous ouvrir quand on s’est fait enfermer dehors… s’arrange pour qu’il n’y ait pas trop de bruit aux heures de travail. La nôtre est adorable, elle nous explique bien patiemment quand on ne comprend rien, nous présente les autres filles du palier.
A mon étage, il y a aussi des sanitaires, avec un coin douches et toilettes. C’est assez propre, même si ça manque un peu d’intimité sans être l’exhibition totale. Bon, dés le deuxième jour , j’ai couru chez Wall Mart acheter des tongues, parce que ça me plaisait moyen de me balader pieds nus là dedans. J’aurai aussi acheté de la javel si j’avais su comment ça s’appelait en anglais et si j‘avais pas eu peur de faire la maniaque !!!
Depuis que je suis arrivée, j’ai l’impression d’avoir fait des milliards de choses ! Le jeudi après midi, j’ai rencontré des gens étrangers comme moi, on m’a fait faire le tour du campus. Le vendredi, j’ai eu une matinée d’orientation, on nous a expliqué comment fonctionnaient les cours, et j’ai discuté avec mon mentor , Chris. Chaque étudiant étranger a un mentor, un étudiant plus âgé de l’université qui nous explique tout. Le mien est cool, il a déjà suivi une bonne partie des cours que j’ai pris, et donc il me donne des conseils et va m’aider à aller acheter mes livres dés la semaine prochaine. Il m’explique aussi ce que je ne comprend pas, et la liste est assez longue puisque je comprend à peu près la moitié des choses que l’on me raconte et je trouve que c’est pas si mal !!
Ce qui est aussi très amusant, c’est que les américains sont très décomplexés, ça s’interpelle fort dans la rue en gloussant, ils se trimballent en tongues et en mini short T shirt toute la journée, voire en pantoufles à mon étage ! Les filles sortent de la douche enroulées dans leurs serviettes et traversent tout l’étage pour aller s’habiller ! J’ai même entendu parler d’étudiantes allant en cours en pyjama ou en pantouffles quand ils étaient en retard et ce, de façon très naturelle! Et ce n’était pas un pari. J’ai promis de prendre des photos à ce moment là. C’est fou ce qu’ils n’aiment pas s’habiller correctement, même si je commence à m’habituer. En jean-chemise, je dois faire partie des plus élégantes c’est un comble !
Certaines règles sont assez strictes ici par contre. Mansfield est une « dry » université, ce qui signifie que toute détention d’alcool, ou preuve de détention passée d’alcool sur le campus et dans nos chambres est prohibé et passible de procès. On m’a proposé de stocker tout le vin californien ou de la région des grands lacs des étudiants internationaux dans les maisons étaudiantes aux abords du campus !!! Tout le monde va boire là bas parce que pour des écossais et des français et même les espagnoles et les australiens, le concept de « dry université » est complètement étranger !!!!!!!
Et puis vendredi soir, j’ai eu droit au clou du spectacle de la culture américaine ! Une ancienne de Mansfield qui est parvenue à monter en grade très vite en entreprise est venue nous expliquer comment réussir ses études. Et là, j’ai entendu parler business, comment choisir ses amis pour avoir un bon job, avoir des opportunités de travail, des bons contacts… Totalement cynique ! On nous raconte qu’il faut choisir ses amis en fonction de leur manière d’étudier pour que cela nous entraîne à travailler, de laisser tomber les fêtards, de maintenir ses relations parce que ça peut toujours servir après l’université. On choisit ses amis parce qu’ils nous servent à quelque chose, parce que ce sont des «portes« ouvertes sur des opportunités, pas parce qu’on les aime !! J’ai trouvé ça très drôle, tous les étudiants internationaux étaient stupéfaits et on s’est tous rabattus sur la phrase pratique « c’est une culture différente » pour éviter de trop critiquer !
Surtout que dans la pratique, je n’ai pas du tout l’impression que les gens soient comme ça.
dimanche 24 août 2008
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2 commentaires:
Des débuts intéressants...
Peut être que la prochaine fois que je te croiserais, tu décideras de ne plus être mon ami, par manque de potentiel dans ta réussite future, alors je profite du temps qu'il me reste en cettte fin de vacances pour te saluer. Bon courage pour vos soirées illégales !
Mah ça a l'air bien excellent tous ça. Bon j'ai l'impression en lisant ta prose que tu as du mal a accepter les logements unisexes (c'est un peu les jeannettes à la fac) mais enfin une université isolée dans un coin paumé avec plein d'étudiants (on dirait le pitch d'un film d'horreur) à mon avis ça doit chouiller sévère. En attendant je compte sur ton pour tenter d'immiscer une once de culture (surtout culinaire) chez ces barbares. Question vitale : ils ont de la crème fraîche?
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